Association pour la Démocratie Forte Transparente au Liban (ADFTL).
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Réflexions sur les actualités politiques et socio économiques libanaises.
ADFTL/Actualités libanaises 2010.


19 février 2010

La proportionnelle n'est pas la démocratie.
Elle donne aux chefs maffiosi le pouvoir de se partager l'autorité et l'argent de l'ETAT libanais. 

I - Les réalités des mentalités libanaises:

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Au Liban, la démocratie est fausse et particulière. La plupart des libanais préfèrent leurs cultures religieuses à la notion d'un ETAT de Droit. Il y a des partis politiques dirigés par les religieux chez les musulmans. Et la plupart des partis politiques qui ne dépendent pas de pouvoir religieux sont néanmoins liés à une religion. En effet, chaque chef de parti ne peut recruter que rarement des partisans en dehors de sa religion. Des musulmans libanais croient pouvoir dominer les chrétiens en s'engageant à faire la politique raciale et religieuse des dictateurs des pays arabes ou musulmans au Moyen Orient. Ils mendient auprès de la Syrie et de l'Iran des armes et de l'argent  pour réaliser ces ambitions. Des chrétiens se retranchent dans leurs communautés et ne font plus confiance aux musulmans prosyriens. Dans cette ambiance, la notion d'Etat n'a aucune valeur. La nation libanaise disparaît dans l'esprit des gens. La division est verticale entre chrétiens indépendantistes  et musulmans prosyriens.

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Ainsi, l'évolution de la démocratie libanaise est paralysée par des groupes plus ou moins extrémistes, racistes et sectaires, d'autant plus qu'ils sont renforcés par des milices armées.

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Pour sélectionner des programmes politiques modernes non religieux et des personnalités politiques modérées de façon démocratique, il faut réduire au maximum les effets des groupes extrémistes. Il faut aussi interdire aux religieux de faire de la politique. Ce qui n'est pas malheureusement le cas.

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Rappelons que la présence de milices armées sur le sol libanais est l'obstacle majeur à toute vraie démocratie. L'achat des électeurs par l'argent est un autre vrai problème. Mais ce n'est pas le sujet de ce texte. Donc, nous faisons cette synthèse théorique en supposant qu'il n'y a ni milices armées ni argent influant les choix démocratiques.

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Les élections selon la proportionnelle sont proposées au Liban en vue de renforcer le pouvoir de chaque chef de clan ou de maffia. En effet, ils veulent créer des listes de candidats. Chaque chef de clan va constituer sa liste très probablement en faisant payer les places aux membres de sa liste.¨Par la suite, tous les membres de chaque liste se sentiront redevables à ce chef. Ils ne seront pas libres de leurs opinions. Ils renforceront le pouvoir de chantage de leur chef de clan. Les membres d'une liste ne représentent pas les citoyens avec fidélité et sincérité. Ils soutiendront leur chef au lieu de penser aux intérêts de leurs électeurs.

6

L'élection à la proportionnelle fait représenter assez fidèlement les différents groupes de la société dans une assemblée, mais elle ne permet pas d'assurer la création d'un majorité capable de gouverner. Les libanais sont très divisés en des petits groupes ou clans. Une assemblée élue à la proportionnelle va être paralysée par des petits groupes extrémistes inconciliables qui se battront entre eux au lieu de trouver un groupe majoritaire centriste et modéré. La gravité de cette situation vient du fait que les libanais armés et extrémistes ne respectent pas la loi, ni les juges, ni l'armée, ni la volonté de la majorité au cas où il y en a une.  Nous ne sommes pas dans un ETAT de droits. Personne ne croit à l'autorité juste de l'ETAT. De plus, les pays limitrophes ont intérêt à diviser les libanais pour annexer des parties ou tout le Liban. Ils interfèrent régulièrement dans les affaires libanaises. La fausse représentation du peuple à la proportionnelle dans une assemblée n'est pas la démocratie. La vraie démocratie doit créer une majorité juste pour pouvoir gouverner le peuple.

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Le but des élections n'est pas de satisfaire un clan en mettant ses représentants dans une assemblée où ils peuvent profiter d'une partie de l'argent du contribuable. La proportionnelle va pousser chaque clan à réclamer une part du gâteau de l'ETAT. Elle ouvre la porte aux marchandages et chantages entre les chefs de clans.

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La plupart des libanais se méfient des hommes politiques des autres religions. Dans cette ambiance les listes d'élection à la proportionnelle risquent d'être confessionnalisées. Au lieu d'avoir des programmes de réformes laïques au service de tous les citoyens de toutes croyances et non croyances, les choix seront faux sous la manipulation des méfiances religieuses entre l'électeur et les candidats.

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Mais le plus mauvais des inconvénients des élections à la proportionnelle est le maintien au pouvoir des chefs de maffias, et chef de clans féodaux, quels qu'ils soient les nombres de leurs partisans électeurs. En effet, ce sont les riches chefs féodaux qui ont souvent hérité leur pouvoir qui créeront les listes électorales en se mettant en tête des listes. Ce sont eux qui choisiront et classeront les noms des candidats sur leurs listes. Ils ont l'habitude de marchander les places. Quoi qu'il arrive, les premiers noms des listes seront élus. Il y a donc une privation de la liberté de choix des candidats par les électeurs. Si une personnalité de valeur mais pauvre souhaite agir en politique, elle ne peut pas être élue si elle ne se range pas derrière un chef de clan pour le servir. Les chefs de maffias s'imposent aux électeurs. C'est pourquoi vous verrez que la plupart des hommes politiques, chefs de clans, préfèrent la proportionnelle !  C'est comme ça qu'ils s'assurent une part du pouvoir quels qu'ils soient les résultats des élections.

 

II - La position de l'ADFTL est avec les scrutins majoritaires:

 

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Rappelons en préambule que nous parlons d'un peuple libanais malade psychologiquement et philosophiquement à cause des endoctrinements religieux contradictoires et des séquelles des guerres raciales au Moyen Orient. La vraie démocratie ne peut être instituée qu'avec une Constitution qui préserve les droits de toutes les communautés qui sont les conséquences de l'histoire du Moyen Orient, y compris les droits du peuple juif. On ne peut pas prétendre respecter les droits des chrétiens au Liban quand on dit qu'il faut supprimer l'ETAT d'Israël. Tous les peuples ont le droit d'exister. Il ne sert à rien de crier aux crimes de " l'ennemi ". Nous voulons des solutions justes pour tous les peuples.

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Rappelons aussi que vous ne pouvez pas avoir une vraie démocratie si les citoyens ne se sentent pas libres d'opinion et en sécurité, pour leur vie, pour leur travail, pour leurs biens et pour leurs familles. Pour cela ils attendent de voir un ETAT laïque, démocratique, juste, indépendant et fort, capable de protéger tous les citoyens. C'est une situation qui n'existe pas actuellement au Liban.

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Je suis pessimiste, mais j'espère contribuer à orienter les jeunes libanais dans l'espoir d'une correction progressive de tous ces défauts.

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En situation d'élection libre sans manipulation religieuse ou raciale ou par l'argent ou par les menaces militaires, c'est la sélection des candidats politiques directement par les électeurs qui peut assurer la naissance d'une vraie démocratie au Liban. Chaque citoyen doit choisir un candidat en fonction de sa personnalité et son programme de réformes sans aucune discrimination sectaire ou religieuse. Le candidat sera responsable de ses actes devant le citoyen et pas devant un chef de clan ou de maffia. Ces objectifs sont possibles dans un scrutin majoritaire où les candidats seront classés par ordre décroissant du nombre de leurs électeurs.

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Dans un scrutin majoritaire, un chef de clan n'est qu'un candidat. Il ne peut pas dominer la volonté des autres. Aucune ingérence étrangère ne peut changer la politique du Liban. En effet, dans le parlement libanais, il y aura 128 députés indépendants. Chacun jugera librement chaque projet. C'est la même chose dans les élections locales. La corruption par l'argent ou les menaces sera inefficace.

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Quand il y a plus de candidats que le nombre de postes politiques à pourvoir, le scrutin majoritaire permet d'admettre les candidats les mieux classés. La règle démocratique doit être respectée comme on respecte les résultats des jeux sportifs. Les gagnants doivent gouverner. Quand il y a un seul poste à pourvoir, plusieurs tours de scrutin peuvent amener obligatoirement à choisir le meilleur candidat en assemblant à la dernière sélection une majorité derrière lui. Le candidat le mieux classé est forcément le plus humain et le plus porteur de projets bénéfiques pour tous les libanais.

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L'abolition de l'équilibre religieux entre chrétiens et musulmans est impossible au Liban actuellement. En effet, une partie des musulmans libanais sont endoctrinés pour lier l'ETAT libanais à des dictatures arabomusulmanes du Moyen Orient. Ils représentent un danger pour les autres libanais, d'autant plus qu'ils sont armés et financés par des ingérences étrangères et risquent de faire des coups d'Etat. Un Liban unifié et démocratique ne peut survivre qu'en créant un lien de confiance entre les chrétiens et les musulmans à culture moderne soucieux de l'indépendance du Liban et la séparation de l'Etat de toute influence religieuse ou raciale. La plupart des libanais sont croyants mais la solution est de vivre dans un ETAT laïque qui respecte la liberté des croyances. La suppression de la méfiance entre musulmans et chrétiens impose des règles constitutionnelles de partage des postes publics de l'Etat libanais par moitié pour les musulmans et moitié pour les chrétiens. Il ne s'agit pas de consacrer le confessionnalisme. Le seul but est de supprimer la méfiance entre les deux grandes cultures religieuses du pays. Les candidats aux postes publics doivent être sélectionnés selon leurs compétences par des concours transparents sans aucune ingérence des clans politiques ou religieux.

Quant aux postes publics politiques, nous pensons que les scrutins majoritaires facilitent la constitution d'assemblées politiques locales ou nationales équilibrées sur le plan religieux. Par exemple, pour une assemblée de six postes politiques, on peut admettre les trois candidats chrétiens les mieux placés parmi les chrétiens et les trois candidats musulmans les mieux placés parmi les musulmans. C'est possible. C'est à ce prix que la confiance permet de sauver l'unité du pays. La méfiance religieuse existe depuis deux mille ans et ce n'est pas un texte dicté par un dictateur qui pourra changer cette réalité. Un homme politique doit travailler dans un esprit laïque pour service tous les citoyens sans aucune discrimination.

Cet équilibre religieux peut être inutile dans des élections locales quand dans un village ou un quartier d'une ville la population est en majorité écrasante d'une seule religion. Un seuil de pourcentage peut être choisi au delà duquel la règle de l'équilibre religieux devra être appliquée. Par exemple, si les chrétiens minoritaires dans un quartier de Beyrouth dépassent 25 % de la population, la règle de l'équilibre entre chrétiens et musulmans doit être appliquée.

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Dans les grandes villes, des divisions en quartiers sont nécessaires pour avoir des municipalités proches du citoyen et à visage humain. Des règles de coopération doivent être établies entre des municipalités de la même ville ou entre des villages voisins. C'est ainsi que les responsables politiques locaux seront évalués régulièrement par les électeurs. Nous éviterons l'hégémonie de certaines familles féodales ou certains maffiosi locaux.

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Le scrutin proportionnel donne des places dans les assemblées à des personnes minoritaires porteurs des idées extrémistes. Le scrutin majoritaire  favorise les idées modérées puisque le candidat sera obligé de rassembler une majorité derrière son projet politique pour gagner.

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Au total, le scrutin majoritaire permet:

- de supprimer les ingérences étrangères dans les affaires intérieures du Liban, puisque l'homme politique est responsable de ses actes uniquement devant ses électeurs et l'appareil judiciaire libanais,

- de supprimer les influences des féodaux, des chefs de maffias riches, et des chefs de clans religieux, puisque le candidat politique s'adresse directement aux citoyens sans lécher les bottes des féodaux,

- d'amener aux pouvoirs locaux ou nationaux des personnalités propres, démocratiques et libres de toutes influences par l'argent ou les menaces. En effet, les assassinats et les menaces ne permettront pas de changer l'orientation politique de la majorité du peuple libanais, car l'homme politique est choisi directement par le peuple,

- de choisir des représentants politiques responsables uniquement devant les électeurs,

- de faciliter la constitution d'assemblées locales et nationales équilibrées sur le plan religieux pour supprimer toute méfiance ou manipulation religieuse. Les élus peuvent gouverner en se basant sur une majorité cohérente sans étiquette religieuse.

- Le scrutin proportionnel donne des places dans les assemblées à des personnes minoritaires porteurs des idées extrémistes. Le scrutin majoritaire  favorise les idées modérées puisque le candidat sera obligé de rassembler une majorité derrière son projet politique pour gagner.

Oui au Liban démocratique pacifique de l'ancienne Phénicie. Nous ne voulons pas voir nos enfants se faire massacrer pour des idées arriérées stupides venant de certains religieux  obscurs assoiffés de pouvoir.

 

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