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Réflexions sur les actualités politiques et socio économiques libanaises.

 Commentaires de l'ADFTL:

Le 26 mai 2012. Massacres en Syrie alors que les grands puissants de ce monde ne font rien.

http://www.lebanese-transparent-democracy.org/fr/12fr/fr-actu-120526.htm

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Il est temps pour que les politiciens libanais tournent la page de l’ère des dictateurs.

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Il est lamentable de voir que les puissants dans ce monde ne font pas le nécessaire pour faire arrêter les massacres en Syrie. Faut-il sauver les vies humaines et les droits des peuples ou entretenir une guerre civile en Syrie comme en Iraq et peut être de nouveau au Liban, pour que Israël continue à dominer le Moyen Orient, voler des terrains aux palestiniens, et les priver d’un ETAT libre et souverain ?

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Le monde a besoin de grands penseurs pour remettre la morale sociale en face de l’égoïsme, du racisme et des tyrans.

 

 

L'Association pour la Démocratie Forte Transparente au Liban (ADFTL) n'est pas responsable des informations collectées dans les médias libanais. Elles sont remises en vue d'aider à la recherche de la vérité.

Analyse de Dario S. (Rome)
Syrie : la folie meurtrière de Bachar Al-Assad, en vidéo, serait-elle le bouquet final ?
A part quelques rares égarés, les alliés libanais d’Assad prennent leur distance

samedi 26 mai 2012 - 02h25, par Dario S. (Rome)


 
Ce vendredi 25 mars, le peuple syrien a défié la mort en organisant plus de 700 manifestations à travers le pays, bravant les bombes et les balles du régime au prix de plus de 113 morts. La présence des observateurs et les rapports internationaux sur la criminalité du régime ne l’ont pas empêché d’accentuer sa violence. Bien au contraire. Assad se sachant condamné, cherche à détruire le pays en guise de vengeance. Mais sa fin semble s’approcher à grande vitesse.


La révolution syrienne a réalisé, hier vendredi 25 mai, une nouvelle démonstration de force, en organisant plus de 700 manifestations à travers le pays. Elle a confirmé le basculement de la deuxième ville et capitale économique, Alep. Désormais, Damas menace de rallier le mouvement. Mais cette contestation est d’autant plus coûteuse que le régime, sentant approcher sa fin, est plus que jamais décidé à détruire le pays et à éradiquer la population qui n’a pas eu la gentillesse d’accepter de souffrir en silence depuis 49 ans, et qui s’est soulevée contre la dictature.


La folie meurtrière de Bachar Al-Assad a fait, vendredi, au moins 113 morts, dont une soixantaine d’enfants à Houla. Elle semble confirmer les informations de l’Armée syrienne libre faisant état d’un attentat qualitatif au poison commis dans la nuit du samedi 19 à dimanche 20 mai contre la cellule de gestion de crise comprenant le cercle proche du président et son bras militaire et sécuritaire.


La logique meurtrière du régime stipule que la violence est capable d’étouffer la contestation. Mais le résultat est tout autre. La criminalité du régime, dénoncée par la commission d’enquête des Nations unies, ne fait que renforcer la détermination des Syriens à en finir. Au début de la contestation, en mars 2011, les manifestants réclamaient des réformes. Mais au fur et à mesure de la répression, les revendications se sont radicalisées. Désormais, les Syriens n’acceptent pas moins le jugement d’Assad et de son entourage.


En contrôlant de plus en plus de villes, comme vient de le reconnaître Ban Ki-Moon, l’ASL se renforce par un phénomène naturel. Car les indécis basculent dans son cas, et parce que son renforcement accélère naturellement les désertions d’officiers et de militaires, qui la rejoignent avec armes et bagages. De ce fait, l’étau se resserre autour d’Assad. Désormais, il n’a plus besoin de regarder les télévisions étrangères pour s’en convaincre - les télévisions syriennes persistent à dire que tout va bien. Il n’a qu’à écouter, depuis son palais, le bruit assourdissant des manifestations. Mais le pire sourd est celui qui ne veut pas écouter !


D’autres, sourds jusque-là, semblent au contraire avoir retrouvé l’usage de leurs oreilles, et surtout de leur tête. Il s’agit de dirigeants Libanais qui défendaient le régime syrien pour protéger leurs propres privilèges. Parmi ceux-ci figurent :


> Sleimane Frangieh, un allié inconditionnel d’Assad qui a adopté un profil bas depuis plusieurs semaines, et qui a décidé de ne pas se présenter aux élections législatives de 2013. Conscient du risque de défaite, dans le sillage de l’effondrement de son protecteur syrien, Frangieh préfère ridiculiser son fils Tony, 22 ans, en le désignant comme successeur.


> Wiam Wahhab, un autre symbole de l’ère syrienne et dont l’existence dépend de celle des Assad, a avalé sa langue. Il a disparu de la scène médiatique depuis que les druzes de Syrie l’ont désavoué et rejoint la révolution. Ses coreligionnaires syriens ont rejeté ses propositions de les armer pour défendre le régime.


>Un troisième défenseur d’Assad, mais de façon bien plus opportuniste, est le Patriarche maronite Bechara Raï. Il vient de se contredire pour la énième fois, en reconnaissant enfin que le régime syrien est une dictature, et que le sort des Chrétiens de Syrie ne saurait en dépendre. Il a enfin compris que les Chrétiens existent dans ce pays depuis Saint Paul. Ils étaient là avant l’avènement du Baas. Y sont restés malgré la répression de la dynastie Assad. Et resteront après sa disparition. Ces propos éclairés ne résultent pas du travail du Saint Esprit, le chef de l’Eglise s’étant prononcé cinq jours avant la Pentecôte. Il s’agit d’une lecture censée de l’évolution sur le terrain.


> Le Hezbollah et le Mouvement Amal semblent moins disposés à sacrifier le Liban pour sauver Assad. Le duo chiite fait également face à un vent de révolte au sein de la communauté qui leur reproche la dangerosité de leur alignement sur Damas et Téhéran au prix de centaines de morts. L’enlèvement à Alep de 11 pèlerins chiites libanais, de retour d’un pèlerinage en Iran, a également alerté les dirigeants de la communauté tant religieux que politiques. Ils ont compris que l’objectif du régime syrien, très vraisemblablement responsable de ce rapt, était de susciter une violente réaction au Liban conduisant à l’éclatement d’une guerre civile et l’implosion du pays. Depuis plusieurs semaines, voire plusieurs mois, la Syrie tente en effet d’exporter sa crise vers le pays du Cèdre sous le prétexte fallacieux d’Al-Qaïda. Malgré les multiples étincelles de la semaine dernière à Tripoli, dans le Akkar et à Beyrouth, les Libanais ne se sont pas laissés entraîner dans le piège syrien. L’Alliance du 14 mars est consciente du danger d’une confrontation armée, qui lui sera défavorable, et qui rendra service à Assad. En esquivant les coups, elle a transformé sa faiblesse militaire en atout politique et en force stratégique, neutralisant le jeu d’Assad.


> Certains libanais égarés continuent à soutenir Assad, comme Ali Rifaat Eïd, chef du Parti Arabe Démocratique (!), un Alaouite de Tripoli, qui a officiellement demandé le déploiement de l’armée syrienne au Nord du Liban pour y assurer la paix - oubliant que l’armée syrienne, ou ce qui en reste, ne parvient plus à imposer la paix en Syrie ni à protéger Assad.


> L’autre égaré, mais qui s’est condamné à ne plus retrouver le bon chemin, est le général Michel Aoun. Il a menacé, cette semaine, d’arracher la langue à quiconque critique l’armée libanaise pour son laxisme à lutter contre l’instabilité commanditée par Assad. Aoun a oublié qu’il avait lui-même détruit cette armée en 1989-90, et qu’il a continué à affaiblir en cautionnant la politique du Hezbollah à l’égard des institutions libanaises (entre 2006 et 2008, lors de la bataille de Nahr El-Bared, après l’assassinat de l’officier pilote Samer Hanna, lors des événements de Chiah et de la razzia de Beyrouth...). Contrairement au Patriarche qu’il avait tant vanté, Aoun mise toujours sur Assad et le défend. Pourtant, le pari du général, pris depuis son retour de Paris en 2005, n’est qu’une succession d’échec. Pourvu que son dernier soit le bon !


> Les autres sourds et aveugles qui refusent de regarder en face la chute imminente du régime syrien, et qui refusent d’écouter les cris du peuple, sont les organisations microscopiques parasitaires, libanaises et palestiniennes, qui vivent grâce à la générosité syrienne. Le groupe de Chaker Berjaoui à Beyrouth, celui de Abdelrahim Mrad dans la Békaa, ou encore le FPLP-CG d’Ahmed Jibril, qui tente de remplacer le Hamas dans les camps de réfugiés, pour le compte de Damas. Depuis que le chef du bureau politique du Hamas, Khaled Mechaal, a quitté Damas, le régime a définitivement perdu le contrôle de l’organisation, et tente de la remplacer par Jibril dans son jeu.
L’évolution des alliés de Damas, notamment ceux qui prennent leur distance avec Assad, signifie que les plus sensés refusent de chuter avec lui. Les moins intelligents sont au contraire décidés à se suicider avec leur maître dont les jours sont comptés. L’excès de violence de ces derniers jours serait, à cet égard, le bouquet final avant la fermeture des rideaux.


Les vidéos, déconseillées aux âmes sensibles, montrent les enfants assassinés par les hommes de Bachar Al-Assad à Houla, vendredi 25 mai. Elles ont suscité des réactions spontanées de la population. Dans le Hourane, qui était jusque-là relativement épargné par la mobilisation, des milliers de personnes ont manifesté cette nuit pour dénoncer le massacre et soutenir Houla. La journée de samedi 26 mai a été décrétée une journée de deuil à travers le pays, et les opposants appellent toutes les villes à se mobiliser contre le régime et ses milices. D’ores et déjà, une opération a été menée dans la région de Hama contre les forces du régime par les déserteurs, en guise de réponse au massacre de Houla. Au moins 11 militaires dont deux officiers supérieurs, ont été tués, et une vingtaine d’autres blessés.


Ces vidéos, parmi tant d’autres, et ce qu’elles représentent, alors qu’on vit au 3ème millénaire, devraient logiquement conduire Assad et les siens directement à La Haye. Mais les Syriens enragés ne le laisseront pas s’y rendre. Ils lui ont déjà promis le même sort que Kadhafi et Saddam, ses deux anciens alliés.
Dario S.
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