Association pour le Démocratie Forte Transparente au Liban (ADFTL).

ADFTL/Actualités libanaises du 28 mars 2008.

Réflexions sur les actualités politiques et économiques libanaises.

 

Le Premier Ministre SANIORA a dit que le Liban devait être représenté par un président de la république chrétien au Sommet de Damas
Et
accuse la Syrie d'avoir empêché l'élection d'un président


 

Il s'agit d'une traduction de l'arabe de l'article de la déclaration du Premier Ministre Fouad SANIORA le 28 mars 2008, concernant l'ingérence syrienne dans les affaires libanaises, publié sur le site web du groupe politique du 14 mars.

L'ADFTL, Association pour le Démocratie Forte Transparente au Liban, soutient les demandes du gouvernement libanais contre le régime syrien, mais avec une remarque diffusée aux citoyens libanais: nous appelons à la Neutralité du Liban, comme la Suisse dans ses relations avec les pays européens. Nous n'aurons jamais une paix juste quand nous demandons à des pays arabes non démocratiques de résoudre nos problèmes. Ce qu'il faut, c'est mettre un terme à toute ingérence des pays arabes dans les questions libanaises. Le Liban est la Phénicie.
 


Le Premier ministre libanais Fouad SANIORA, vendredi soir, le 28.3.2008, a adressé un message aux Libanais et responsables arabes, en expliquant la position du Gouvernement sur l'évolution actuelle, et les raisons de sa décision de ne pas participer au sommet arabe à Damas les 29 et 30 mars 2008.

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I -

Chers libanais au Liban et dans les pays d'expatriation,

Chers frères des pays arabes,

Chers frères et soeurs, en Syrie,


Je tenais à prendre la parole devant vous tous, aujourd'hui, la veille du sommet arabe qui aura lieu demain dans la chère capitale Damas . Je m'adresse à vos souverainetés, Majestés, Altesses et Excellences, ainsi que les frères Libanais, les Arabes et les Syriens, avec le langage ouvert de la véritable fraternité.

Je ne dévoile pas un secret si je dis que les relations entre les deux frères le Liban et la Syrie ne sont pas bonnes au cours des dernières années, et non plus comme je les aurais souhaitées normales et solides entre les deux peuples voisins qui sont frères. Je ne cherche pas à exacerber nos difficultés.

Le Conseil des ministres libanais a adopté il y a quelques jours, et avec beaucoup de regret, la décision de ne pas participer au sommet arabe. La cause principale de l'échec d'assister à ce sommet est que le Liban est généralement représenté par le Président de la République, en tout sommet arabe, avec une particularité qui distingue le Liban dans sa diversité. Le président du Liban est le seul chef d'État arabe chrétien parmi les dirigeants arabes. Nous voulions, au  delà du spectacle du sommet, insister sur le refus des libanais de continuer à supporter la mauvaise réalité actuelle qui est contraire à l'Accord National de TAIF et à notre Constitution. Le Liban est fondé sur les règles de notre démocratie parlementaire que nous voulons opérationnelle pour la coexistence prospère des composantes libanaises. Nous avons attendu, hélas, plus de quatre mois avec le vide de la présidence du Liban. La Syrie a joué un rôle clé négatif, par l'intensification de la crise politique au Liban. La Syrie a organisé une constante ingérence dans les affaires intérieures libanaises pour ajourner l'élection d'un président de la république de consensus. Elle a fait obstruction à l'initiative arabe, et perturbe les efforts déployés par le Secrétaire général de la Ligue arabe. Elle est à l'origine de la fermeture du Parlement libanais depuis plus de seize mois.


II -

Majestés,

Chers Libanais,

Frères Arabes,

Le Gouvernement libanais réaffirme son désir d'établir une collaboration fraternelle, saine et positive entre le Liban et la Syrie, fondée sur les fondations solides du respect mutuel de la souveraineté et de l'indépendance des deux pays, sur la base de la non-ingérence dans leurs affaires intérieures. Le gouvernement libanais est conscient des intérêts communs qui réunissent nos deux pays et nos peuples frères. Nous pensons que l'interprétation des intérêts nationaux est fixée pour chaque pays par le biais de son système politique et constitutionnel. Aucun pays ne doit imposer ses décisions sur l'autre. Il n'est plus acceptable que le Liban soit soumis ni à la Syrie, ni à l'Iran, ni à tout ami, ni à aucun État des nations du monde. Le Liban, État indépendant et souverain, n'est pas une sphère d'influence ou un champ ouvert pour les combats et règlements de comptes entre des pays voisins. Lorsque nous avons demandé la sortie de l'armée syrienne du Liban, nous n'avions aucune intention de le remettre sous l'influence d'autres pays. Lorsque nous leur avons demandé d'enquêter par le Tribunal pénal international pour découvrir la vérité dans l'assassinat du Premier Ministre Rafic HARIRI et de ses collègues, nous avions souligné que nous ne cherchons pas la vengeance, mais la justice sans politisation. Nous espérons punir les criminels et assurer la sécurité et la stabilité du Liban. Le peuple du Liban a souffert des bombes, des assassinats de dirigeants politiques, civils, spirituels, culturels, de la sécurité militaire et des citoyens innocents, menaçant la sécurité et la stabilité.


III -

Le renforcement des relations libano syriennes sur la base de l'égalité et du respect mutuel peut ouvrir une nouvelle page entre les deux pays frères et exige un engagement commun sur les principes et les orientations suivantes:

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Premièrement: que les relations entre les Syriens et les Libanais, comme c'est le cas avec d'autres nations souveraines, doit passer par les deux gouvernements. Cela ne signifie pas que les relations doivent être entre les canaux officiels seulement. Les aspects sociaux, économiques et culturels entre le Liban et la Syrie peuvent améliorer les relations officielles entre les deux gouvernements. Toutefois, il ne faut pas autoriser la création de contacts directs politiques, sécuritaires, militaires et financiers entre des groupes ou factions de l'autre pays, loin des autorités officielles de l'État et des institutions constitutionnelles.

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Deuxièmement: que les gouvernements syriens et libanais doivent s'engager à ne pas utiliser leurs territoires pour mener à la déstabilisation de l'autre pays. On doit également se conformer à ne pas utiliser le territoire de l'autre pays et à faciliter l'utilisation de ces terrains aux fins politiques ou militaires ou des raisons de sécurité, sans le consentement formel du pays concerné.

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Troisièmement: L'établissement de relations normales entre deux pays voisins et indépendants, impose des relations diplomatiques entre eux. Par conséquent, le gouvernement libanais voit la nécessité de l'échange de représentation diplomatique entre le Liban et la Syrie dès que possible et sans délai.

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Quatrièmement: La démarcation officielle de la frontière libanaise avec la Syrie est naturelle, nécessaire et utile. Elle empêche les nombreux problèmes entre les deux pays frères et évite les risques de conflits. Les fermes de Chebaa occupées par Israël doivent être délimitées sur le carte officielle en priorité. Ce serait précisément d'aider le Liban à la libération de ses terres en vertu de la résolution de l'ONU n ° 425 (Convention d'armistice de 1949). Le Liban ne signera pas une paix unilatérale avec Israël. Mais il veut appliquer la trêve de la Convention sur la base des dispositions des sept points approuvés par le Conseil des ministres libanais et par le Conseil des ministres des Affaires étrangères arabes. Notamment ce qui concerne la libération des fermes de Chebaa, et la déclaration d'un cessez-le-feu permanent comme stipulé dans la résolution du Conseil de sécurité n ° 1701. Les objectifs d'une réintroduction de la Convention de la trêve, et l'extension de l'autorité de l'État sur l'ensemble du territoire libanais, non seulement tiennent des résolutions internationales sus mentionnées, mais aussi des deux fondements de l'Accord de Taëf et de la Constitution Libanaise.

Par conséquent, nous demandons à notre soeur la Syrie, la coopération et la déclaration explicite  de soutenir le Liban dans ses efforts pour maintenir ses droits nationaux.

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Cinquièmement: Sur la base de l'Accord de Taëf, et le soutien à la stabilité et à la protection du Liban contre le terrorisme et le chaos des armes, les Libanais ont convenu dans le dialogue national sur les armes de contrôler les armes des camps palestiniens, et de retirer les armes des factions armées palestiniennes en dehors des camps. Pour atteindre cet objectif, et en raison de la présence des factions liées à l'autorité syrienne dans ces camps et à la frontière syrienne en territoire libanais, dans certains camps palestiniens, la coopération des autorités syriennes à éliminer pacifiquement ces factions armées est essentielle à la sécurité et la stabilité du Liban.

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Sixièmement: La coopération entre le Liban et la Syrie, parrainée par la Ligue arabe sur les principes et les mesures que j'ai mentionnés, en plus d'autres questions, doivent être résolues, comme la question des personnes disparues et les détenus libanais dans les prisons syriennes, ce qui mettrait les relations entre les deux pays sur une nouvelle voie, la voie de la véritable fraternité et de bon voisinage. Ce qui peut nous ramener à la situation normale entre deux pays voisins.


IV -

Rois et présidents arabes,

Chers Libanais,

Chers frères, Arabes syriens,

Le Liban, qui porte le fardeau de la cause palestinienne et arabe, reste attaché à la défense de la nation (arabe), comme l'exige l'appartenance à la Ligue arabe. Il coopère étroitement avec ses frères arabes.

Toutefois, l'État libanais est dans une mauvaise situation actuelle: le vide à la tête de l'état, la fermeture du parlement, les effets de la récente agression israélienne, la poursuite de l'occupation israélienne des fermes de Chebaa. Israël continue ses agressions sur les eaux et l'espace aérien libanais. Israël maintient des libanais dans les prisons israéliennes. Face à cette crise politique, on n'arrive pas  à répondre aux besoins des citoyens. Le gouvernement remercie les États arabes, de la poursuite de l'appui arabe. Nous croyons à  l'action arabe commune, et à l'intérêt commun arabe.

Les Arabes ont contribué au soutien du Liban dans la guerre, la paix, la prospérité et la misère. Le Liban appartient à l'identité arabe, et lutte pour l'avenir des Arabes.

Nous refusons d'aller au sommet à Damas, parce que nous refusons d'y aller sans président. La Syrie a mené une politique hostile contre le Liban. La plus importante preuve actuelle des pressions syriennes est l'absence d'élection du chef de l'État libanais.

Les Arabes apprécient l'expérience du Liban civilisé. Par conséquent, nous sommes convaincus que sauver le Liban et sa formule est capital pour l'ensemble de la région.

Liban ne se voit pas protégé que par le parapluie arabe. L'arabisme doit rester le bouclier qui protège et ne menace pas. J'appelle les dirigeants arabes à aider à renouer les relations libano syriennes, y compris l'accès à la convocation d'une réunion spéciale des ministres des affaires étrangères arabes, le plus tôt possible. C'est le travail de la Ligue arabe.
 


Liban restera une patrie arabe, libre, souveraine et indépendante.

Longue vie à la solidarité arabe pour défendre les causes de la nation arabe et de son avenir.

Longue vie au Liban.

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__________ADFTL / 28-3-2008.Déclaration de Fouad SANIORA, PM. _________