Association pour le Démocratie Forte Transparente au Liban (ADFTL).

ADFTL/Actualités libanaises du 5 mars 2008.

Réflexions sur les actualités politiques et économiques libanaises.

 

Appel pour un Liban Neutre sans aucune ingérence des pays limitrophes.

 

 

I - Faits :

 

1

Après trois ans de terrorisme politique au Liban ensuite de la résolution 1559 des Nations Unies en 2004, il est établi que les blocages de l’État libanais est téléguidé par le Régime dictatorial et hégémonique de la Syrie, qui utilise les foyers de terroristes endoctrinés et organisés au Liban depuis l’occupation du Liban par la Syrie en 1976.

 

2

Les démocrates du groupe gouvernemental de 14 mars ont suffisamment patienté pour préserver la sécurité des citoyens, en cédant à un certain nombre d’exigences de l’opposition prosyrienne sous les menaces de guerre civile. Mais il n’y a aucun bon résultat. Le chantage des terroristes continue. Le fonctionnement de l'ETAT libanais est bloqué. La population est terrorisée. L'économie du Liban est en ruines.

 

3

Le projet de la Ligue Arabe de réunir des chefs des États arabes à Damas, fin mars 2008, révèle de graves problèmes pour le Liban. En effet, les chefs de clans politiques au Liban ont fini par déclarer publiquement qu’ils ne peuvent pas s’entendre du fait des exigences inconciliables de certains pays arabes alliés des différentes factions qui jouent avec la vie des citoyens à l’intérieur du Liban. La majorité gouvernementale n'ose pas appliquer la Constitution et les lois pour élire un président de la république car l'opposition prosyrienne menace de guerre civile et elle est soutenue par le régime syrien qui veut avoir son autorité dans le fonctionnement de l'ETAT libanais.

 

4

Mr Bachar ASSAD, chef du régime syrien, aurait proposé à Mr Amr MOUSSA, secrétaire général de la Ligue Arabe, l’élection du Général Michel SOLEIMAN à la présidence de la république libanaise, mais avec un gouvernement neutre (disons paralysé), pour créer une nouvelle loi électorale sur la base de la loi de 1960 (qui avantage les prosyriens), et organiser des élections parlementaires anticipées dans six mois. Disons qu'une campagne électorale où la moitié du territoire du Liban est terrorisé par des groupuscules terroristes armées qui assassinent les dirigeants libanais ne permet pas une élection démocrate libre. Au total, le régime syrien lié aux assassinats au Liban veut que la politique du gouvernement libanais soit soumise à son veto par l'utilisation de la représentation de l'opposition au sein du gouvernement avec un droit de blocage de toute décision qui gênerait leurs intérêts. La destruction de la démocratie naissante au Liban est en marche. 

 

5

Mr Amine GEMAYEL, chef du parti chrétien Kataeb, est allé voir le roi d’Arabie Saoudite, Mr Abdallah BEN ABDEL AZIZ, au sujet de la crise libanaise et le blocage de l’élection de président de la république.

 

6

Mr Ghafir SOLANA, délégué à la sécurité de l’Union Européenne, est venu à Beyrouth pour explorer les idées des chefs politiques. La diplomatie française n'avait pas pu trouver des solutions d'entente auparavant. Tous les "conciliateurs" finissaient par comprendre que le blocage venait de l'ingérence syrienne dans les affaires intérieures du Liban.

 

7

Mr Amr MOUSSA, après ses constats d'échecs des pourparlers à Beyrouth, reçoit ces jours des envoyés « spéciaux » des chefs politiques libanais qui se pressent au Caire pour défendre leurs « gagne-pain » politique dans le futur partage du gouvernement libanais!

 

8

Mr Nabih BERRY, président du parlement intronisé par le régime syrien avant le retrait de l'armée syrienne du Liban, et défendeur de l’opposition prosyrienne, continue à lancer des propositions et des chantages "se présentant en père de famille soucieux du bien public!", en vue de protéger les armes de Hezbollah et du droit de veto sur les décisions d’applications des résolutions de l’ONU sur le Liban. Le régime syrien est inquiet du tribunal international de l'assassinat de Rafic HARIRI. L'implication de certains responsables de l'opposition au Liban n'est pas exclue.

 

9

Mr Samir GEAGEA, chef des Forces Libanaises, a déclaré son refus de la participation du Liban à la Réunion des chefs des Etats Arabes à Damas, prévue fin mars 2008, considérant que le régime syrien bloque l'élection d'un président de la république libanaise.

 

10

Le Patriarche Maronite, SFEIR, a déclaré être pour une loi électorale basée sur le district, la loi électorale de 1960 étant devenue démodée en 2008. La moitié des futurs députés chrétiens risquent d'être choisie par un électorat musulman et ainsi les droits de la culture des chrétiens au Liban ne sera pas correctement défendue. Un déséquilibre dans l'Etat créerait des tensions sociales et des méfiances entre les communautés. 

 

11

Le Président BUSCH a rappelé son soutien à la majorité gouvernementale au Liban et son hostilité à l’ingérence du régime syrien dans les affaires intérieures du Liban. Le président américain est du côté des démocrates et de l'indépendance du Liban.

 

12

Mr Ban KI MOON, secrétaire Général des Nations Unies, a rappelé le manque de coopération du régime syrien dans la crise libanaise. Les soldats de l'ONU au Liban ont pour mission d'aider à la restauration de l'autorité de l'Etat et la sécurité des citoyens.

 

Il s'agit d'un devoir d'ingérence légitime des Nations Unies pour protéger un Etat démocrate faible.
 

13

Les ministres des affaires étrangères des pays arabes se sont réunis au Caire le 5.3.2008. Leur déclaration au sujet de la crise du Liban montre, en apparence, qu'ils traitent à égalité le régime syrien qui a assassiné des libanais et les défendeurs de l'indépendance et de la démocratie au Liban. Ils demandent la suppression de la priorité de décision du groupe de la majorité parlementaire et gouvernementale dans le futur pouvoir gouvernemental libanais! Cet échec était prévisible. En fait, les divergences sont importantes entre les pays qui soutiennent le gouvernement libanais de Fouad SANIORA et ceux qui ne veulent pas s'opposer à l'hégémonie syrienne au Liban.

 

14

Le 5-3-2008, le Conseil des Patriarches Maronites a déclaré que l'absence d'élection de président de la république depuis novembre 2007 est une honte inacceptable.

 

15

Au total, début mars 2008, toutes les institutions de l’État libanais sont bloquées. Il n’y a pas de Conseil Constitutionnel. Le parlement est empêché de se réunir depuis dix sept mois. Le gouvernement est harcelé par l’opposition armée avec des menaces de guerre civile. Le poste de président de la république est vacant depuis novembre 2007. L’élection de président est bloquée par l’opposition et l’ingérence du régime syrien. Les chefs de clans politiques s’accusent à travers les médias. Les tentatives de conciliation ou d’entente ont toutes échouées. L’appauvrissement des citoyens n’intéresse personne dans les médias politisés et au service des différents chefs de mafias politiques. Et finalement, la plupart des politiciens libanais font croire aujourd’hui qu’il faut attendre les décisions des « pourvoyeurs de fonds et d’armes » régionaux pour espérer une solution.

 

Bref, les démocrates parmi les dirigeants libanais qui veulent appliquer la Constitution et faire fonctionner les services publics sont empêchés de travailler par des chefs politiques maffioso qui utilisent les chantages et les menaces de guerre civile.

 

 

II – Position de l’ADFTL :

 

1

Simplement, nous sommes des citoyens qui veulent travailler en paix pour nourrir nos familles. La seule solution pour nous est la vraie démocratie transparente et forte. Nous la voulons forte par son armée, ses services de sécurité, son appareil judiciaire et ses institutions administratives et politiques, capables d'arrêter les corruptions dans les services publics.

 

2

Nous condamnons fermement l’abandon par les représentants politiques du peuple libanais de leur indépendance vis-à-vis de l’étranger et le manque d’application simple de la Constitution et des autres lois de la république.

 

3

Nous condamnons toute négociation et chantage organisés avec la médiation ou l’ingérence de tout pays non démocratique ou tout régime des pays limitrophes.

 

4

Nous condamnons toutes les démarches auprès de la Ligue Arabe sous prétexte d’attendre une réponse extérieure de pays non démocratique pour solutionner les affaires intérieures du Liban.

 

5

Nous demandons aux pays limitrophes seulement leur neutralité et leur non ingérence dans les affaires libanaises.

 

6

La remise en fonctionnement de l’État libanais doit commencer par l’ouverture quotidienne du parlement pour laisser les députés se concerter entre eux et décider des différentes lois et décisions en toute liberté.

 

7

Les aides acceptables des pays étrangers ne doivent avoir lieu qu’à travers l’État libanais, pour aider tous les libanais équitablement, pour l’amélioration de l’indépendance, la démocratie et le niveau de vie des libanais. Le soutien militaire doit être demandé, en cas de besoin, aux pays démocratiques amis et à l’Organisation des Nations Unies. Aucun pays limitrophe ne doit avoir des influences sur le gouvernement libanais ou la présence de ses soldats sur le sol libanais.

 

8

Nous condamnons toutes solutions qui laisse sur le sol libanais des foyers de groupes armés sans le contrôle directe et strict de l’État libanais à travers ses institutions politiques et son armée.

 

9

Une vraie démocratie nécessite une loi électorale qui permet la liberté totale du citoyen pour choisir un député connu dans le territoire où il se présente afin de défendre uniquement les besoins du service public et la qualité de vie du citoyen. Le petit district où un seul poste de député représentant plusieurs villages ou un petit quartier d’une ville est le découpage idéal pour une vraie démocratie. L’élection se fait par la sélection à trois tours, à la majorité simple. Le plus convainquant et le plus digne de confiance gagnera. Les quatre premiers candidats du classement du premier tour peuvent concourir au second tour. Les deux premiers du classement du second tour concourent au troisième tour. Aucunes alliances de circonstance, ou rachats d’électorat, ou compromissions, ou corruptions ne sont tolérés. Le député restera responsable pour ses engagements devant ses électeurs et l’appareil judiciaire et n’a aucun compte à rendre à des chefs de partis ou de clans ou d’obédiences de sectes ou de religions.

 

10

Compte tenu des particularités multiconfessionnelles et culturelles au Liban, avec ramification de manipulation religieuse par les pays au Moyen Orient, la suppression des méfiances entre les citoyens d’origines différentes sur le plan racial ou culturel ou religieux ou doctrinal, nous impose dans la loi électorale un équilibre entre les nombres des députés des différentes origines confessionnelles. Les deux principales orientations religieuses sont l’islam et le christianisme. L’équilibre du Liban impose l’égalité des nombres des députés entre chrétiens et musulmans. Nous proposons que le parlement soit constitué de 25% de députés chrétiens maronites, 25 % de députés chrétiens non maronites, 20 % de députés chiites, 20 % de députés sunnites et 10 % de députés druzes. Les répartitions sur le territoire et les subdivisions des appartenances religieuses sont à organiser par le parlement pour le texte définitif de la nouvelle loi électorale. Les députés sont choisis par les citoyens sans ingérence des religieux. L’équilibre des origines religieuses des responsables de l’État n’a pas pour but de consacrer le confessionnalisme. Son seul but est de supprimer la méfiance entre les libanais qui s’inquiètent de l’hégémonie d’un clan religieux sur les autres composantes de la société libanaise multiconfessionnelle.

 

11

La laïcité complète au Liban n’est pas possible actuellement en raison de la mentalité actuelle des libanais. Une démocratie chez un peuple obsédé par les religions mènera à un pouvoir d'un dictateur appartenant à à la plus grande communauté religieuse. La majorité des libanais actuellement préfèrent leur appartenance religieuse et ethnique à l’appartenance géographique de la Phénicie laïque. Devant les menaces ethniques, le libanais préfère se réfugier dans sa religion et oublie de défendre le reste des problèmes sociaux et de subsistance. Ce qui menace de diviser le Liban en raison des extensions régionales aux pays du Moyen Orient des différentes obédiences religieuses ou culturelles.

 

12

Nous condamnons fermement toute proposition de scrutin à la proportionnelle dans la loi électorale. La proportionnelle est faite pour avantager le maintien du féodalisme et la main mise sur le budget de l’État des chefs de clans ou mafias politiques. La proportionnelle assure au chef d’un clan ou d’un parti son pouvoir de garder en permanence une partie du pouvoir sur l’État et la possibilité de choisir lui-même des députés « collaborateurs » qui deviennent ses serviteurs au lieu de service les citoyens et l’intérêt général du pays. La proportionnelle donne une carte blanche aux chefs de mafias politiques qui continueront à se battre pour se partager le pillage du budget de l’État comme certains le font actuellement. Nous voulons des députés totalement libres pour bien choisir les solutions en conscience et sans se référer à des chefs de clans. Les chefs de groupes politiques au parlement seront choisis par les députés et pas le contraire. La paralysie actuelle du parlement vient en partie du fait que les chefs politiques avaient désigné leurs candidats à la députation. Et, par la suite, le député se sent redevable à son chef de clan en toute circonstance !

 

13

L’accélération des réformes démocratiques dépend du degré de liberté des différents députés par rapport à l’hégémonie des chefs politiques et féodaux actuels du Liban. Si ces chefs continuent à influencer la gestion de l’État libanais, nous pensons que la révolution démocratique au Liban sera freinée ou supprimée.

 

14

Une bonne loi électorale telle que citée ci haut permettra aussi de réduire les risques de terrorisme politique. En effet, les décisions principales pour l’avenir du pays seront prises de manière collective par l’ensemble des députés. Les assassinats et chantages ne pourront plus influencer les choix politiques de l’État libanais.

 

15

Nous pourrons aussi espérer avec une loi électorale démocratique de réduire tout risque de prise de pouvoir par un dictateur, en évitant la concentration des pouvoirs à quelques personnes arrivistes.

 

16

La Révolution du Cèdre doit reprendre son flambeau. Partager le gouvernement en l’état actuel avec des libanais pro syriens est une défaite de la démocratie au Liban qui risque de remettre le Liban sous domination syrienne.

 

17

Nous réclamons la fermeture des frontières avec la Syrie en attendant une normalisation diplomatique et le respect de l’indépendance du Liban par ce pays. Les échanges de marchandises avec les pays du Moyen Orient doivent être organisés par voies maritimes.

 

18

Nous condamnons toute présence de représentant politique de l’État libanais à la réunion de la Ligue Arabe à Damas prévue fin mars 2008, même s’il y a eu élection de président de la république. On ne va pas en visite chez nos assassins. Nous attendrons l'ouverture de l'ambassade du Liban à Damas avant toute négociation avec l'Etat syrien.

 

19

Pour répondre à l’actualité où nous apprenons que la Ligue Arabe était en train de supplier Mr Bachar ASSAD, président du régime syrien, pour résoudre la crise politique libanaise du blocage de l’élection présidentielle libanaise par les libanais pro syriens armés, nous disons qu’en démocratie, un État voisin n’a aucun avis à donner dans toutes les questions qui concernent le Liban et son gouvernement.  Pour les libanais qui commettent des actions illégales, nous demandons à l'ONU, à l’armée libanaise et aux pays amis de les mettre hors d’état de nuire.

 

20

Quand au choix présenté par la majorité des chefs politiques actuels du Liban de vouloir élire le Général Michel SOLEIMAN, comme président « neutre » ou de « consensus » pour la présidence de la république, l’ignorance par l’ADFTL de son programme politique ou son projet face aux grandes questions posées actuellement ne nous permet pas d’être solidaire de ce choix. Il avait été nommé chef de l’armée par le régime syrien à l’époque où les services secrets syriens éliminaient des libanais innocents et terrorisaient tous les libanais. A ce jour, il donne l’impression qu’il ne fera pas face aux groupuscules armés sur le sol libanais et en particulier Hezbollah. Il ne pourra pas restaurer l’État libanais sans le respect des résolutions du Conseil de Sécurité des Nations Unies  et le désarmement de toutes les milices sur le sol libanais.

 

21

Nous voulons un président démocrate issu de la majorité au parlement, même s’il est élu par une majorité simple du fait que le texte de la Constitution le permet, au deuxième tour du scrutin. L’entente est une bonne chose, une majorité renforcée de deux tiers est aussi bonne. Mais on ne laisse pas un peuple à la dérive à cause d’une poignée de chefs de mafias politiques qui se battent pour préserver leur pouvoir en drainant des ingérences étrangères. Nous ne sommes pas gouverné par un dictateur mais par plusieurs petits dictateurs locaux qui se battent pour leurs intérêts privés. Pour finir, les meilleures démocraties du monde acceptent le pouvoir d'un président élu par 51 % des votants. La vraie règle démocratique doit s'imposer au Liban. La règle de la sélection par le vote démocratique est la meilleure solution pour choisir les meilleures solutions dans une société libre sans aucun blocage du fonctionnement de l'Etat.

 

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__________ADFTL / 5-3-2008. Appel contre toute ingérence des pays limitrophes_________

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