Association pour le Démocratie Forte Transparente au Liban (ADFTL)

ADFTL/Actualités libanaises du 31 octobre 2007

Réflexions sur les actualités politiques et économiques libanaises

 

La Vraie Démocratie se fait par une majorité simple

L'Imposition d'un président par le vote démocrate

Le 31.10.2007

I-                   Les faits.

II-                Les arguments.

III-             Appel aux députés libanais.

 

 

I – Les Faits :

 

1

Les tractations politiques dans le secret entre les chefs politiques libanais continuent. Les médias ne peuvent publier que les déclarations aux intentions de propagandes sans pouvoir dévoiler des sujets sensibles non présentables à l’opinion publique. Il n’y a pas de transparence dans ces tractations politiciennes. Le citoyen peut être mal informé et induit en erreur. En tout cas, les citoyens n’ont aucun pouvoir sauf manifestations et émeutes, pour diriger les évènements actuels de l’élection présidentielle et la prise du pouvoir de l’Etat Libanais. Les députés libanais font librement ce qu’ils veulent après avoir eu une carte blanche lors des élections législatives.

 

2

Dans cette campagne de l’élection du président de la république, nous pouvons dire que les intérêts privés de chaque clan politique libanais dominent les motivations secrètes des actions et positions politiques. Chaque clan interprète la Constitution et le respect de la loi en fonction de ses propres intérêts.

 

3

Monsieur Nabih BERRY, Chiite, président du parlement, veut l’entente mais il est suspect de préserver d’abord sa main mise sur les pouvoirs qu’il a au parlement, au Sud-Liban et dans la Békaa, avec son allié HEZBOLLAH. Il n’est pas libre des attaches d’intérêts avec les régimes syrien et iranien. Il ne peut pas concevoir un Etat libanais indépendant des influences de ces deux régimes non démocrates.

 

4

Monsieur Saad HARIRI, Sunnite, avec le concours de Monsieur Fouad SANIORA, Premier Ministre sunnite, veut l’entente mais il est suspect de préserver d’abord sa main mise sur les décisions du gouvernement actuel, pour la promotion des affaires commerciales et économiques en faveur de son groupe. Ses intérêts sont liés à la solidarité des pays arabes sunnites en particulier l’Egypte et l’Arabie Saoudite. Il est lié aussi aux intérêts des dirigeants de Kornet Chehwan, des Kataebs, des Forces Libanaises et autres groupes de 14 Mars qui lui apportent un certain appui de la communauté chrétienne au Liban.

 

5

Monsieur Amine GEMAYEL, Monsieur Samir GEAGEA, et d’autres chefs de groupes politiques chrétiens de la Majorité du 14 mars, veulent l’entente mais ils sont suspects de faiblesses dans la défense des droits et de l’avenir de la culture chrétienne indépendante au Liban. Leurs moyens militaires et financiers sont limités et ils sont amenés à chercher du soutien auprès des pays occidentaux démocrates. Ils cherchent le partage du pouvoir avec Saad HARIRI pour garder des intérêts au gouvernement Saniora.

 

6

Le Gouvernement actuel du premier ministre SANIORA est affaibli. Il a perdu l’appui chiite depuis la guerre de juillet 2006 entre Israël et HEZBOLLAH. Il est soutenu par le groupe du 14 mars dont la partie chrétienne n’est pas la composante politique principale des chrétiens. Le groupe politique du Général AOUN qui est la force politique chrétienne principale a été marginalisé et exclu du pouvoir. Le Gouvernement SANIORA, à dominance sunnite, est suspect de ne pas vouloir partager le pouvoir avec un groupe fort chez les chrétiens du Liban.

 

7

Le chef traditionnel des druzes, Monsieur Walid JOUMBLATT, a le courage surprenant depuis plusieurs années de s’exprimer librement en faveur de la fin de l’hégémonie syrienne sur le Liban. Mais il reste suspect de ne pas partager suffisamment les pouvoirs de l’Etat avec les partenaires chrétiens les plus influents tel que le groupe du Général AOUN.

 

8

Le groupe du Général AOUN est le plus représentatif de la population chrétienne du Liban, principalement pour les couches sociales défavorisées. Sa politique est proche de celle du groupe du 14 mars au pouvoir gouvernemental actuel. Mais il est en dehors du pouvoir gouvernemental. Ce groupe est suspect de pactiser avec les libanais pro syriens de façon contraire à sa politique antérieure de lutte contre les influences syriennes au Liban.

 

9

A trois semaines de la fin de la période de la campagne électorale présidentielle, il est impossible de dégager une entente susceptible d’être soutenue par les deux tiers des députés au parlement libanais afin d’élire un président de la république de consensus.

 

10

A chaque jour, nous assistons à des rumeurs de dialogues dans les deux sens : optimiste et pessimiste. Les bonnes paroles sur les généralités et les principes moraux exigés pour un futur président se bloquent sur les intérêts privés de chaque clan. Dès que le dialogue aborde le nom du futur président de la république les dialogues se transforment en ruptures.

 

11

L’influence morale du Patriarcat Maronite a été utilisée jusqu’à l’épuisement. Mais nous savons que les prières des pieux ne peuvent pas empêcher les terroristes de nuire. Les hommes politiques libanais utilisent les religieux compte tenu des fois religieuses très répandues et très influentes dans l’attitude sociale des libanais. C’est un facteur d’apaisement social dans la même communauté religieuse mais il ne garantit aucun mécanisme de solution automatique des conflits. Il y a plus de démocrates revendicatifs que des soumis facilement dirigeables chez les chrétiens du Liban. Les politicards libanais utilisent la tribune de Bkerké pour leurs promotions politiciennes. Aucun homme politique libanais n’a le courage de séparer publiquement son action politique face aux influences religieuses de toutes les confessions libanaises !

 

12

Le constat aujourd’hui est que les libanais n’ont pas encore compris que la règle démocratique est faite pour sélection par un mécanisme automatique et obligatoire des choix et des décisions au nom du peuple libanais, pour la société libanaise et loin des guerres civiles, des chantages et des blocages du fonctionnement de l’Etat.

 

 

II – Les Arguments pour la solution par le vote au parlement à plusieurs tours finissant par la majorité simple.

 

1

Les divergences d’opinions sont normales dans une société démocrate libre. Le choix de décisions impose le respect par tous les libanais d’une règle démocratique de sélection automatique obligatoire des lois et des responsables de l’Etat.

 

Nous avons des démonstrations quotidiennes de tractations politiciennes interminables. A chaque dialogue entre des chefs politiques, les gens et les médias s’accrochent à un espoir. Nous passons d’une rumeur d’entente à une rumeur de conflit et vice versa en permanence. Cette situation rend le libanais soucieux pour son avenir malade chronique de dépression et d’angoisse. L’économie du pays restera catastrophique et sans espoir. Cette situation aiguë actuellement en raison de la campagne électorale présidentielle est en fait permanente depuis l’indépendance du Liban en 1943. Ce qui est en cause est l’insuffisance des règles démocratiques de la Constitution libanaise. Il n’y a pas de description claire nette et efficace de règles démocratiques qui imposeraient des sélections automatiques et obligatoires à tous les niveaux des décisions de l’administration de l’Etat libanais. Au contraire, il y a de tas de règles de blocages des décisions qui rendent l’Etat libanais ingouvernable. Il y a de plus des responsables qui abusent de leurs pouvoirs sans qu’il y ait des solutions pour les écarter et les juger. Le pire est que les groupes armés qui menacent par leur terrorisme de déstabiliser le pays faussent totalement le respect des règles démocratiques.

 

En rappelant qu’il est indispensable d’avoir les moyens militaires et judiciaires sains pour faire appliquer les décisions de l’Etat libanais, il est encore plus important de réaliser des règles démocratiques de sélections obligatoires et rapides des décisions afin d’avoir un fonctionnement juste de l’Etat libanais.

 

2

L’unanimité est un fantasme fallacieux irréalisable en démocratie.

 

Le dictateur qui déclare être élu par son peuple par un vote le soutenant à hauteur de 99,9 % ne fait que témoigner qu’il ne peut obtenir ce chiffre que par actions de terrorisme, de pressions, de chantages, de corruption et de mensonges organisés par son clan contre tous les opposants à son régime.

 

Sur chaque sujet ou problème au Liban, il peut être normal qu’il y ait 4 million d’opinions différentes s’il y a environ 4 million de citoyens libanais !

 

Pour chaque sujet ou problème à traiter, chaque libanais peut normalement changer d’opinion dans le temps ou en fonction des arguments qu’on peut lui présenter pour justifier tel choix.

 

Si nous voulons être démocrates et libres, on voit clairement que la multiplicité des opinions doit être gérée pour aboutir à un choix acceptable par le maximum de gens pour chaque problème en question. En démocratie, nous refusons les méthodes injustes des dictateurs. Il faut donc des règles démocratiques pour trouver les choix face aux problèmes de la société.

 

Dans la Constitution actuelle, le peuple du Liban a donné pouvoir aux députés pour choisir les lois et les responsables politiques du pays.

 

Pour chaque sujet, on peut donc imaginer 128 opinions différentes puisqu’il y a 128 députés au parlement libanais.

 

Si les députés sont vraiment libres de choisir, ni l’unanimité, ni le consensus aux deux tiers ni un accord à la majorité simple ne sont possibles.

 

3

Le regroupement des députés pour avoir une majorité aux deux tiers n’est pas toujours possible et nous ne devons pas bloquer le fonctionnement de l’Etat pour une telle exigence.

 

Certes, un accord entre députés sur un sujet donné avec majorité des deux tiers est une bonne chose qui donne le sentiment que le choix est bien juste dans l’intérêt du peuple libanais. Mais, en principe, on ne peut pas regrouper les deux tiers des votants que par des intéressements, ou des pressions, ou des chantages, ou des soumissions à des chefs de clans dans un climat d’intérêts mutuels. Dans ces conditions, la vraie démocratie commence à souffrir de malhonnêteté envers les citoyens !

 

4

La majorité simple, d’au moins la moitié des députés plus un, est la solution démocratique indispensable pour empêcher les blocages du fonctionnement de l’État libanais.

 

La majorité simple de la moitié plus un des députés sur un sujet donné ne signifie pas que le peuple du Liban est divisé en deux groupes inconciliables ! Donc les menaces politiciennes de couper le pays en deux en guerre civile sont ridicules et ne servent que les magouilles des clans politiques !

 

La majorité simple de la moitié plus un des députés dans l’élection d’un président de la république ne signifie pas que la moitié des députés ont confiance au candidat élu.

 

Le candidat élu président par au moins la moitié plus un des députés est celui qui est soutenu par le regroupement le plus nombreux des députés même s’il ne représente à l’origine que quelque ou 10 ou 20 ou 30 députés du parlement, par exemple. Le groupement de la moitié des députés plus un représente ceux qui ont choisi le candidat le moins mauvais  des candidats à l’élection présidentielle. Au dernier tour de vote, les députés sont obligés de choisir un président même s'ils ne partagent pas la totalité de sa politique, en votant par oui ou non sur sa candidature.

 

Ainsi, la règle démocratique de choix du président par une sélection à plusieurs tours finissant par le choix obligatoire du candidat le moins mauvais qui est soutenu par, au moins, la moitié des députés plus un est une solution démocratique automatique et rapide à la crise politique libanaise actuelle. Il est sous entendu que nous supposons que s’il y a des groupes libanais ou étrangers qui veulent utiliser le terrorisme pour empêcher ce mécanisme démocratique d’avoir lieu, il sera du devoir de l’armée libanaise de soutenir les démocrates libanais pour mettre ces groupes terroristes hors d’état de nuire au peuple et à l’État libanais.

 

 

III- Appel aux députés du Liban.

 

La direction de l’ADFTL,

(webmaster@lebanese-transparent-democracy.org ),

(www.lebanese-transparent-democracy.org ),

Conseille aux députés du Liban d’agir, avant le 24 novembre 2007,  pour imposer des sessions de sélection des candidats à la présidence de la république par des votes libres à plusieurs tours finissant par un dernier tour pour choisir un des deux candidats sélectionnés à l’avant dernier tour.

 

Nous considérons que par cette règle la vraie démocratie au Liban peut être juste même si le futur président avait au départ quelques députés qui le soutiennent. La sélection par plusieurs tours impose aux autres députés de choisir sur la base du candidat le moins mauvais pour eux et ainsi le regroupement devient automatique pour avoir à la fin un candidat élu avec soutien d’au moins la moitié des députés plus un.

 

Ce mécanisme automatique en sessions officielles limite largement les pressions, chantages et magouilles que les députés subissent et empêche l’influence des intérêts privés sur l’intérêt du service public de l’État libanais.
 

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__________ADFTL / L'Imposition démocratique d'un président - 31.10.2007__________

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