Association pour le Démocratie Forte Transparente au Liban (ADFTL)

31 mars 2007

ADFTL/Actualités libanaises de mars 2007

Réflexions sur les actualités politiques et économiques libanaises

 

Le 31/03/2007 : A qui appartient l’autorité de l’Etat Libanais ?

 

Les faits :

1

Le Président Emile LAHOUD a été renommé sous la pression du gouvernement de la Syrie qui occupait le Liban. Il n’y a pas eu de mécanisme démocratique d’élection libre par le parlement. Il y a eu confiscation des lieux et des fonctions de la Présidence de la République de façon non démocratique. Ce président reste soumis aux désirs du gouvernement syrien. Il en fait des preuves par ses actes de façon continue.

2

Le gouvernement actuel présidé par le Premier Ministre Fouad SANIORA avait été choisi par une majorité parlementaire sur la base d’un programme soutenu au début par les députés du groupe de 14 mars mais aussi par les députés du parti HEZBOLLAH et du parti AMAL. Les députés chrétiens ont été divisés en deux groupes principaux affaiblissant ainsi le camp des droits des chrétiens dans l'État libanais. Le groupe dirigé par le Général AOUN a été mis à l'écart du pouvoir. Cette alliance au gouvernement a été rompue dès le guerre de juillet 2006. HEZBOLLAH et AMAL sont passés à l’opposition. Pourrions nous savoir s’il y a encore une majorité de parlementaires qui soutiendrait le Gouvernement actuel et sur la base de quel programme ? La révolution du Cèdre avait perdue le groupe du Général AOUN. De plus, l’équilibre confessionnel selon la Constitution impose la présence de chiites au gouvernement. Le bon sens est qu’un ministre qui démissionne perde automatiquement ses fonctions et ses salaires dès qu’il arrête de travailler. Les magouilles règlementaires sont insupportables en démocratie. Il est dit que le Premier Ministre n’aurait pas accepté la démission des ministres chiites. Ce n’est pas comme ça qu’on garde légitimement l’autorité du gouvernement. Il fallait nommer des ministres remplaçants chiites au gouvernement.

Au total le gouvernement SANIORA ne peut être fonctionnel ni légitime. Son alliance naturelle devait être avec le Général AOUN et des chiites démocrates modérés.

3

Où est le parlement ? Il faudrait que le parlement puisse se réunir librement pour s’exprimer. Malgré des élections parlementaires manipulées pour préserver les intérêts de certains chefs de clans, le parlement reste actuellement la seule institution démocratique du pays. On fait croire que le Président du Parlement possède tous les pouvoirs sur le parlement comme d’ailleurs l’attitude similaire du Président de la République sur les prérogatives de la présidence. Actuellement, Mr Nabih BERRI, Président du Parlement, bloque toute action du parlement. Sous couvert d’une volonté apparente de rechercher l’unité nationale par les dialogues, nous voyons des éléments de chantages entre des chefs politico économiques qui se battent pour le pouvoir avec des alliances de soutien avec des pays étrangers. Un nouveau gouvernement ne peut pas voir le jour sans qu’il y ait débats au parlement avec un vote de confiance à un nouveau gouvernement.

Monsieur Nabih BERRI porte la responsabilité grave d'empêcher les députés de faire leurs travaux alors que le pays est en agonie.

4

Qui doit débloquer la situation ? La présidence de la république, le gouvernement et le parlement sont confisqués.

Y a-t-il une instance juridique qui soit indépendante et capable de juger et prendre des décisions ? Nous savons que le Conseil Constitutionnel a été aussi confisqué. 

Y a-t-il des forces de sécurité de l’État libanais qui soient capables de débloquer la situation par la force publique sur décisions juridiques justes ?  L’armée libanaise et les forces de sécurité intérieure ont montré leurs passivités en laissant la situation pourrir à petit feu. Le blocage du centre de Beyrouth est préjudiciable à tout le pays. S'il y a des gens qui ont une culture suicidaire, l'État et l'armée sont normalement responsables de protéger les droits des autres.

5

En fait, le peuple libanais est pris en otage. Les chefs de l’intérieur se battent pour se partager les restes d’un État surendetté. L’armée est plus faible que les milices du parti HEZBOLLAH qui menace et qui veut imposer des décisions dirigées par les régimes syrien et iranien.

En l’état, il n’y a pas de démocratie au Liban.

En l'état, les libanais démocrates ne peuvent pas réformer sans l'aide des Nations Unies.

 

Position de l’Association :

1

Rappelons notre slogan:

"Nous luttons pour une démocratie forte transparente au Liban. Nous luttons pour retarder la mort et améliorer les conditions de vie de tout être vivant qu’il soit libanais ou de tout autre pays."

2

L’armée libanaise ne doit pas rester passive. Elle doit désarmer toutes les milices sur le sol libanais. Elle doit demander à un tribunal neutre et juste de statuer sur toutes les infractions, délits et crimes. Les décisions du tribunal doivent être exécutée par la force publique.

3

L’armée libanaise doit contrôler l’étanchéité de toutes les frontières du Liban. Il faut empêcher l'entrée d'armement subversif et des terroristes.

4

Si l’armée du Liban n’a pas assez de moyens pour sécuriser le pays, elle doit demander de l’aide aux Nations Unies sans qu’il y ait aucune ingérence des pays limitrophes.

5

Il faut créer une loi électorale vraiment démocratique. La représentation sincère du peuple au parlement n’existe pas dans les formules de coalitions, de formations de listes d’élection à la proportionnelle, de groupement de grandes régions électorales où le citoyen ne connaît pas les candidats. Nous luttons pour une circonscription électorale plus petite que le district à un seul candidat qui sera choisi par une sélection à trois tours à la majorité des votants. Le mandat sera donné par chaque citoyen à un député qui restera indépendant des clans et des chefs hégémoniques. Il sera responsable de ses actes devant ses électeurs et rien d’autres.

6

L’armée peut organiser ces élections et aboutir à un nouveau parlement et un nouveau gouvernement qui seront démocratiques, forts et transparents.

 

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